Article(s)

Auteur(s): Andreas Fischlin et al. (auteurs externes)
Rédaction: WSL, Suisse
Commentaires: Cet article a reçu 0 commentaires
Évaluation: A mes favoris Aperçu avant impression 62.3362.3362.3362.3362.33 (30)

Puits et sources de CO2 dans l’exploitation forestière

Les forêts peuvent stocker du CO2 sous forme de biomasse et déchargent ainsi l'atmosphère. Une publication de l' Office fédéral de l'environnement (OFEV) explique comment fonctionnent les puits de carbone, de quelle manière ils peuvent et doivent être pris en compte dans le cadre du Protocole de Kyoto et quel est leur potentiel en Suisse.

Publication

Le Protocole de Kyoto est en vigueur depuis le 16 février 2005. Les États industrialisés s’y engagent en premier lieu à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre au cours de la période de 2008 à 2012. Il donne aux États ayant pris un engagement la possibilité de remplir une partie de leurs obligations en matière de réduction à l’aide des puits de carbone.

La forêt, par exemple, constitue un puits lorsqu’elle absorbe plus de CO2 (dioxyde de carbone) qu’elle n’en libère. Plus la quantité de CO2 stocké de manière durable sous forme de carbone dans la biomasse est grande, plus la charge atmosphérique est faible. En revanche, si la forêt perd plus de CO2 qu’elle n’en absorbe, elle devient une source, ce qui a des répercussions néfastes sur l’atmosphère. Actuellement, la forêt suisse est un puits de carbone. Elle lie 4 millions de tonnes de CO2 par an ; les trois quarts sont cependant immédiatement supprimés de par l’utilisation du bois et le dépérissement des arbres.

Le Protocole de Kyoto prescrit de prendre en compte les reboisements (puits) et les déboisements, et exige un bilan annuel dans l’inventaire national  des gaz à effet de serre. En Suisse, les puits de carbone dus aux reboisements sont faibles ; une gestion durable de la forêt présente un potentiel beaucoup plus grand. Le Protocole de Kyoto permet de prendre en compte ce type de puits de carbone, dans la mesure où l’on peut démontrer qu’ils sont imputables à l’intervention humaine  après 1990.

Au vu de la difficulté de distinguer entre les efforts de l’homme et les effets naturels, l’effet de puits maximal découlant de la gestion forestière imputable par chaque pays a été limité. La Suisse peut comptabiliser au maximum 1,83 million de tonnes de CO2 par an, ce qui correspond à peu près à 45 % des engagements de Kyoto en matière de réduction des émissions. Toutefois, selon une étude de l’EPFZ, il n’est même pas certain que la Suisse puisse atteindre cette limite supérieure.

Qu’est-ce qu’un puits de carbone ?

L’homme détruit l’équilibre du cycle de carbone de la terre. Il émet plus de CO2 (dioxyde de carbone) dans l’air que ce que les plantes et les océans sont capables d’absorber. L’atmosphère s’enrichit ainsi en gaz à effet de serre, d’où un réchauffement de la terre.

Les écosystèmes qui absorbent plus de CO2 qu’ils n’en rejettent sont susceptibles de freiner ce processus. Si, par exemple, une forêt absorbe du CO2 et stocke le carbone de manière durable dans la biomasse, la teneur en CO2 de l’atmosphère diminue ; la forêt fait alors office de puits de carbone. De tous les écosystèmes, les forêts ont le plus grand potentiel de puits, mais elles peuvent aussi devenir des sources de CO2.

Les puits de carbone n’assurent pas une protection durable du climat

Le bilan annuel des puits et des sources de carbone requiert des moyens administratifs et techniques importants. La mise en place d’un système de monitoring est nécessaire pour surveiller les modifications des puits de carbone. Lorsque des puits ont pu être démontrés, le pays industrialisé concerné a le droit d’émettre la quantité correspon dante de CO2 en plus. Il a parallèlement l’obligation de rendre des comptes sur les prestations comptabilisées, et ce même après l’expiration de la période d’engagement.

À long terme, les puits de carbone n’assurent pas une protection durable du climat :

  • L’effet de puits diminue dans les forêts âgées et s’atténue en quelques décennies.
  • Les tempêtes, les incendies de forêts et les épidémies de bostryche peuvent libérer le carbone stocké ; la forêt devient alors une source de carbone.
  • L’option des puits de carbone nous donne uniquement la marge temporelle nécessaire jusqu’à ce que les émissions de CO2 puissent être réduites de manière substantielle par des mesures d’économie d’énergie et des alternatives énergétiques n’ayant aucune incidence sur le climat.

Le Conseil fédéral veut utiliser les puits de carbone en tant que réserve en cas d’évolution défavorable des émissions. La politique forestière suisse n’est pas axée de manière ciblée sur la promotion des forêts en tant que puits de carbone. Elle cherche plutôt à promouvoir le bois en tant qu’agent énergétique respectueux du climat et matériau de construction. Les forêts-puits de carbone doivent donc être uniquement considérées comme un complément surtout en cas d’exploitation non rentable. Le bois remplace les combustibles fossiles en tant qu’agent énergétique ; en tant que matériau de construction alternatif, le bois diminue les émissions de CO2 qui seraient autrement générées lors de la fabrication de produits métalliques ou en béton. Un mètre cube de bois utilisé à des fins énergétiques libère 0,6 tonne de CO2 de moins que des agents énergétiques fossiles. Utilisée en tant que matériau de construction, la même quantité de bois a un potentiel de réduction de 1 tonne de CO2.

La forêt à l’état d’équilibre, en tant que puits et que source de carbone
Figure 1 - La forêt à l’état d’équilibre, en tant que puits et que source de carbone.
 
Modification des stocks de carbone
Figure 2 - Représentation schématique de la modification des stocks de carbone lors du déboisement et du reboisement simultané d’une surface de remplacement de même grandeur. Lors d’un déboisement, toute la réserve de carbone formée dans la forêt au cours de décennies est supprimée d’un seul coup (surfaces en rouge) ; à l’inverse, lors d’un reboisement, le stock de carbone ne se reconstitue que très lentement dans une nouvelle forêt (surfaces en vert).

Télécharger

Lien externe

Poursuivez votre lecture sur waldwissen.net